Secondaire · N0404 🚛 🚍

Prévoyance collective en transport routier

La prévoyance collective complète la Sécurité sociale en cas de décès, d'invalidité, d'incapacité de travail ou d'inaptitude. Elle est mise en place par accord collectif, par référendum ou par décision unilatérale de l'employeur (art. L911-1 et L911-2 CSS). Dans le transport routier de marchandises, la convention collective (CCNTR) impose pour les NON-CADRES un régime conventionnel décès, invalidité et incapacité de 1,20 % du salaire brut, partagé 50/50. S'y ajoute la garantie INAPTITUDE À LA CONDUITE (IPRIAC) de 0,35 %, à 60 % minimum pour l'employeur. Pour les CADRES, l'employeur verse seul au moins 1,50 % de la tranche 1 (ANI du 17/11/2017).

Rédigé à partir des textes officiels
📖 Explication détaillée
1. DE QUOI PARLE-T-ON : • La PRÉVOYANCE couvre les « gros risques » : DÉCÈS (capital), INVALIDITÉ (rente), INCAPACITÉ DE TRAVAIL (indemnités journalières complémentaires) et, dans le transport, INAPTITUDE À LA CONDUITE. • La COMPLÉMENTAIRE SANTÉ (« mutuelle ») rembourse les frais de soins. C'est une autre garantie collective, avec ses propres règles (point 6). • Ces garanties ne remplacent pas la Sécurité sociale : elles viennent EN COMPLÉMENT (art. L911-1 CSS). 2. COMMENT LE RÉGIME EST MIS EN PLACE (art. L911-1 et L911-2 CSS) : • Trois actes possibles : CONVENTION ou ACCORD COLLECTIF (de branche ou d'entreprise) · RATIFICATION À LA MAJORITÉ des intéressés d'un projet de l'employeur (référendum) · DÉCISION UNILATÉRALE de l'employeur, constatée dans un écrit remis à chaque salarié. • Objet : décès, atteintes à l'intégrité physique, maternité, incapacité de travail, invalidité, inaptitude (art. L911-2). • Dans le TRM, la base est fixée par la BRANCHE (CCNTR, voir N0036). L'accord-cadre du 20/04/2016 a modernisé les régimes décès, invalidité et inaptitude à la conduite des non-cadres des professions du transport. 3. LE RÉGIME CONVENTIONNEL DES NON-CADRES DU TRM (CARCEPT-Prévoyance, groupe KLESIA) : • Affiliation obligatoire. Le salarié est couvert DÈS LE PREMIER JOUR de l'embauche. • DÉCÈS et INVALIDITÉ : 0,65 % du salaire brut + 0,05 % pour le fonds de « haut degré de solidarité », soit 0,70 %, à parts égales (50/50). Le décès donne un capital, l'invalidité une rente. • INCAPACITÉ DE TRAVAIL : garantie créée par l'accord du 03/02/2022 (étendu par arrêté du 28/06/2022), applicable au 01/07/2022. Elle concerne les entreprises TRM et les activités auxiliaires (NAF 49.41A, 49.41B, 49.41C, 52.29A…), quel que soit leur effectif. Cotisation : 0,50 %, dont au moins la moitié pour l'employeur (≥ 0,25 %). Elle verse des indemnités journalières complémentaires (IJC) en cas d'arrêt LONG : 75 % du salaire de référence moins les indemnités journalières de la Sécurité sociale, 80 % à partir de 3 000 points d'activité. • TOTAL du régime de base : 1,20 % du brut, réparti 50 % employeur / 50 % salarié. Des surcomplémentaires facultatives existent. • Les droits dépendent de POINTS D'ACTIVITÉ acquis au fil de la carrière dans le transport (compte personnel de prévoyance). 4. L'INAPTITUDE À LA CONDUITE — IPRIAC (accord du 24/09/1980 modifié) : • Adhésion OBLIGATOIRE des entreprises qui emploient des conducteurs de véhicules soumis au permis poids lourd. • Prestation : une allocation pour le conducteur qui perd son emploi de conduite pour RAISON MÉDICALE (inaptitude définitive). Elle compense la baisse de revenu. • Cotisation : 0,35 % de la rémunération brute (hors frais professionnels), dans la limite de 3 plafonds de la Sécurité sociale. Répartition : 60 % MINIMUM employeur (au moins 0,21 %), 40 % MAXIMUM salarié (au plus 0,14 %). • Ne pas confondre avec l'aptitude médicale au permis, contrôlée par un médecin agréé (voir N0220), ni avec l'aptitude au poste, vérifiée par le médecin du travail (voir N0421). 5. LES CADRES — ANI DU 17/11/2017 (qui reprend l'art. 7 de la CCN du 14/03/1947) : • Cotisation d'au moins 1,50 % de la TRANCHE 1 (rémunération jusqu'au plafond de la Sécurité sociale), à la CHARGE EXCLUSIVE de l'employeur. Elle va en priorité à la garantie décès. • En 2026 : PASS = 48 060 € (PMSS = 4 005 €). Minimum annuel = 720,90 € par cadre payé au moins au plafond. • Sanction : si un cadre décède sans que l'employeur ait souscrit le contrat, l'employeur doit verser aux ayants droit 3 PASS (144 180 € en 2026). • Les cadres ne relèvent pas du régime conventionnel non-cadres décrit au point 3. 6. LA COMPLÉMENTAIRE SANTÉ (art. L911-7 CSS) : • Depuis le 01/01/2016, tout employeur privé fait bénéficier TOUS ses salariés d'une complémentaire santé collective, sans condition d'ancienneté. • L'employeur finance AU MOINS 50 % de la cotisation. • Il existe des dispenses d'adhésion, à l'initiative du salarié, dans des cas limités (par exemple : déjà couvert comme ayant droit par le contrat collectif obligatoire de son conjoint). 7. TRAITEMENT SOCIAL DE LA PART PATRONALE (URSSAF ; art. L137-15 et L137-16 CSS) : • Condition : régime COLLECTIF et à ADHÉSION OBLIGATOIRE. • La part patronale de prévoyance est alors EXCLUE de l'assiette des cotisations de Sécurité sociale, dans la limite de 6 % du PASS + 1,5 % de la rémunération brute, sans dépasser 12 % du PASS. En 2026 : 6 % du PASS = 2 883,60 € ; 12 % du PASS = 5 767,20 €. L'excédent est réintégré dans l'assiette. • Elle reste soumise à la CSG-CRDS. • FORFAIT SOCIAL de 8 % sur cette part, dû par les entreprises de 11 SALARIÉS ET PLUS. Le seuil s'apprécie sur l'effectif moyen annuel : il ne joue qu'après 5 années civiles consécutives à 11 salariés ou plus. 8. LA PORTABILITÉ APRÈS LA RUPTURE (art. L911-8 CSS) : • L'ancien salarié garde GRATUITEMENT ses garanties prévoyance et santé. Conditions : la rupture n'est PAS due à une faute LOURDE et elle ouvre droit à l'assurance chômage. • Durée : celle de l'indemnisation chômage, dans la limite de la durée du dernier contrat (arrondie au mois supérieur), et 12 MOIS au plus. • Les garanties maintenues sont celles en vigueur dans l'entreprise. • L'employeur mentionne le maintien des garanties dans le CERTIFICAT DE TRAVAIL et informe l'organisme assureur. LIENS AVEC D'AUTRES NOTIONS : Convention collective du transport routier : voir N0036. Cotisations URSSAF : voir N0221. Charges patronales et salariales : voir N0222. Salaire et charges du conducteur : voir N0128. Accident du travail et maladie professionnelle : voir N0233. Licenciement : voir N0234. Démission : voir N0368. Visite médicale du permis : voir N0220. Suivi médical du salarié : voir N0421. Classifications des conducteurs : voir N0375.
📌 Points essentiels à retenir
🧮 Exemple concret

LOGIFRET (Lyon, 25 salariés depuis 2015) emploie 22 conducteurs PL non cadres et 3 cadres. Kevin, conducteur, gagne 2 500 € brut par mois. Prévoyance de base : 1,20 % × 2 500 = 30,00 €, soit 15,00 € pour l'employeur et 15,00 € pour Kevin. IPRIAC : 0,35 % × 2 500 = 8,75 €, soit 5,25 € pour l'employeur (0,21 %) et 3,50 € pour Kevin (0,14 %). Coût patronal de prévoyance pour Kevin : 20,25 € par mois. Ce montant est exclu de l'assiette des cotisations de Sécurité sociale, car il est très en dessous de la limite. Il reste soumis à la CSG-CRDS et au forfait social de 8 % (LOGIFRET a 11 salariés ou plus) : 1,62 € par mois. Nadia, responsable d'exploitation cadre, gagne 4 800 € brut par mois. LOGIFRET verse seul au moins 1,50 % × 4 005 € (tranche 1) = 60,08 € par mois pour elle. En 2026, Kevin est reconnu définitivement inapte à la conduite pour raison médicale. Il dépose un dossier auprès de l'IPRIAC.

⚠️ Pièges fréquents au concours

⚠️ Cadres : 1,50 % de la TRANCHE 1, à la charge EXCLUSIVE de l'employeur. Ce n'est ni 1,50 % du salaire total, ni un partage 50/50. ⚠️ IPRIAC : répartition 60/40 (employeur au moins 60 %), alors que le régime décès, invalidité et incapacité est en 50/50. Les deux se confondent souvent. ⚠️ Incapacité de travail TRM : la garantie n'existe que depuis le 01/07/2022. Un support de cours plus ancien qui affirme « pas de garantie arrêt de travail dans la branche » est dépassé. ⚠️ Exonération de la part patronale ≠ exonération totale : la CSG-CRDS reste due, et le forfait social de 8 % aussi dès 11 salariés. ⚠️ Portabilité : seule la faute LOURDE l'exclut, pas la faute grave. Il faut aussi que la rupture ouvre droit au chômage : une démission ordinaire n'y donne pas accès. ⚠️ Inaptitude à la conduite (IPRIAC, prévoyance) ≠ inaptitude au permis (médecin agréé, N0220) ≠ inaptitude au poste (médecin du travail, N0421).

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