La FORCE MAJEURE est un événement qui échappe au contrôle du débiteur, qui ne pouvait être raisonnablement prévu lors de la conclusion du contrat et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées (art. 1218 C. civ.). En transport intérieur, elle libère le transporteur de sa garantie pour la perte et les avaries (art. L133-1 C. com.) et de toute indemnité de retard (art. L133-2 C. com.). Si l'empêchement est temporaire, le contrat est suspendu. S'il est définitif, le contrat est résolu de plein droit. C'est au transporteur de prouver la force majeure.
TRANSALP (Chambéry) doit livrer 24 palettes de matériaux à Briançon, pour 780 € HT. La veille au soir, un éboulement soudain ferme par arrêté l'unique itinéraire autorisé aux poids lourds pendant 48 heures. Aucune alerte n'existait quand le contrat a été conclu. Le conducteur prévient l'exploitation, qui demande des instructions au chargeur. Consigne reçue : attendre au dépôt. La livraison est faite à J+2. Si la force majeure est retenue, le contrat a seulement été suspendu. Le chargeur ne peut réclamer aucune indemnité de retard (art. L133-2 C. com.). TRANSALP facture en sus les frais d'immobilisation justifiés (contrat type général art. 16). La même semaine, un autre camion de TRANSALP tombe en panne de turbo et livre avec un jour de retard. Une panne de son propre véhicule n'est pas de la force majeure : TRANSALP répond du retard, dans les limites du contrat type (voir N0065).
⚠️ L'imprévisibilité s'apprécie AU MOMENT DE LA CONCLUSION DU CONTRAT (art. 1218), pas au départ du camion. Une neige annoncée avant la commande n'est pas imprévisible. ⚠️ La panne de son propre véhicule n'est pas de la force majeure. En CMR, le texte le dit expressément (art. 17 § 3), même si le véhicule est loué. ⚠️ Plus cher ou plus long n'est pas impossible : si un détour est praticable, le transporteur doit exécuter. Il demande des instructions et se fait rembourser les dépenses justifiées (contrat type général art. 16). ⚠️ VICE PROPRE et FORCE MAJEURE sont deux causes d'exonération DISTINCTES (art. L133-1 al. 2, CMR art. 17 § 2). Les mûrissements ou les fuites liés à la nature de la marchandise relèvent du vice propre. ⚠️ Ne pas réviser sur un contrat type VOYAGEURS : la règle « coûts supplémentaires de transport à la charge du transporteur en cas de force majeure » vient du contrat type des services occasionnels de passagers. En marchandises, le contrat type général prévoit le remboursement des dépenses justifiées par le donneur d'ordre. ⚠️ Un transporteur déjà MIS EN DEMEURE avant l'événement n'est pas libéré (art. 1351), sauf s'il prouve que la perte se serait produite de toute façon (art. 1351-1).
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