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Assurance multirisque professionnelle

L'assurance MULTIRISQUE PROFESSIONNELLE réunit en un seul contrat l'assurance des LOCAUX et de leur contenu (bâtiment ou risques locatifs, matériel, stock) contre l'incendie, les dégâts des eaux ou le vol, et la RESPONSABILITÉ CIVILE D'EXPLOITATION. La perte d'exploitation est en option. Aucun texte ne l'impose en tant que telle, mais le locataire répond de l'incendie des locaux loués (art. 1733 C. civ.) et le bail l'exige presque toujours. Dès que le contrat garantit l'incendie ou d'autres dommages aux biens, la loi y ajoute d'office la garantie TEMPÊTE (art. L122-7 C. assur.) et la garantie CATASTROPHES NATURELLES (art. L125-1 C. assur.). Elle ne couvre ni les véhicules ni les marchandises transportées.

Rédigé à partir des textes officiels
📖 Explication détaillée
OÙ SE SITUE CETTE ASSURANCE : Un transporteur de marchandises a trois familles d'assurances à distinguer : • les VÉHICULES : assurance automobile (voir N0070) ; • les MARCHANDISES confiées : RC du transporteur (voir N0066) et assurance facultés (voir N0067) ; • l'ENTREPRISE elle-même (bureaux, dépôt, atelier, matériel, stock, dommages causés aux visiteurs) : c'est la MULTIRISQUE PROFESSIONNELLE, objet de cette notion. 1. DÉFINITION ET CONTENU : Un contrat « tout-en-un » qui combine plusieurs garanties : • DOMMAGES AUX BIENS : bâtiment (si l'entreprise en est propriétaire) ou risques locatifs (si elle est locataire), aménagements, mobilier, matériel informatique, outillage d'atelier, stock (pièces détachées, pneumatiques…), contre l'incendie, l'explosion, les dégâts des eaux, le vol, le bris de glace, selon la formule choisie. • RESPONSABILITÉ CIVILE D'EXPLOITATION : dommages causés à des TIERS du fait de l'activité dans les locaux (un visiteur, un chauffeur extérieur ou un client blessé dans le dépôt, par exemple). Ce n'est pas la responsabilité du transporteur pour les marchandises confiées (N0066). • Garanties OPTIONNELLES : perte d'exploitation (marge perdue et frais fixes pendant l'arrêt d'activité), bris de machine, protection juridique, assistance. 2. OBLIGATOIRE OU NON ? • Aucun texte général n'impose une multirisque : c'est un choix de gestion. • ENTREPRISE LOCATAIRE : le locataire répond de l'incendie, sauf s'il prouve un cas fortuit ou une force majeure, un vice de construction ou un feu communiqué par un bâtiment voisin (art. 1733 C. civ.). Sans assurance, la reconstruction peut rester à sa charge. En pratique, le bail exige une attestation d'assurance couvrant au minimum les risques locatifs. • ENTREPRISE PROPRIÉTAIRE : pas d'obligation légale générale. L'assurance reste fortement conseillée, et le prêteur peut l'exiger. 3. LES GARANTIES QUE LA LOI AJOUTE D'OFFICE : • TEMPÊTE (art. L122-7 C. assur.) : tout contrat qui garantit l'incendie ou d'autres dommages à des biens situés en France, ou les dommages aux véhicules terrestres à moteur, couvre aussi les effets du VENT dû aux tempêtes, ouragans et cyclones. Les vents cycloniques (au moins 145 km/h en moyenne sur 10 minutes ou 215 km/h en rafales) relèvent du régime catastrophes naturelles. Pour les biens professionnels, les conditions de la garantie sont fixées selon l'usage et la nature des biens. • CATASTROPHES NATURELLES (art. L125-1 C. assur.) : même champ (dommages aux biens et dommages aux véhicules). La garantie couvre les dommages matériels directs non assurables causés par l'intensité anormale d'un agent naturel. Elle ne joue qu'après un ARRÊTÉ INTERMINISTÉRIEL qui constate l'état de catastrophe naturelle. Si l'entreprise est assurée en perte d'exploitation, cette garantie est étendue aux catastrophes naturelles. • Une FRANCHISE LÉGALE s'applique aux catastrophes naturelles (art. A125-1, clauses types). Pour les biens professionnels, France Assureurs indique 10 % des dommages, avec un minimum de 1 140 €, ou la franchise du contrat si elle est plus élevée. 4. LES OBLIGATIONS DE L'ASSURÉ (art. L113-2 C. assur.) : • Payer la prime aux échéances convenues. • Répondre exactement aux questions de l'assureur lors de la souscription (déclaration du risque). • Déclarer une AGGRAVATION du risque en cours de contrat (nouvelle activité, cuve de carburant installée dans le dépôt…) par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique, dans les 15 JOURS. • Déclarer tout SINISTRE dès qu'il en a connaissance, dans le délai fixé par le contrat. Ce délai ne peut être inférieur à 5 JOURS OUVRÉS, ni à 2 JOURS OUVRÉS en cas de VOL. • Déchéance pour déclaration tardive : elle n'est possible que si le contrat la prévoit ET si l'assureur prouve que le retard lui a causé un PRÉJUDICE. Elle est exclue en cas de cas fortuit ou de force majeure. • Catastrophe naturelle : déclaration au plus tard dans les 30 JOURS suivant la publication de l'arrêté au Journal officiel (art. L125-2 C. assur., issu de la loi n° 2021-1837 du 28/12/2021). 5. DURÉE, RÉSILIATION, PRESCRIPTION : • Résiliation à l'échéance (art. L113-12 C. assur.) : l'assuré peut résilier à l'expiration d'un délai d'un an, au moins 2 MOIS avant la date d'échéance. Pour un contrat souscrit à des fins professionnelles, l'assureur dispose du même droit. Le texte prévoit des dérogations possibles pour les risques autres que ceux des particuliers : il faut donc lire la police. • PRESCRIPTION BIENNALE (art. L114-1 C. assur.) : toute action née du contrat d'assurance se prescrit par 2 ANS à compter de l'événement qui y donne naissance. Le délai court du jour où l'assuré a eu connaissance du sinistre s'il prouve l'avoir ignoré. Si l'action de l'assuré a pour cause le recours d'un tiers, le délai court du jour où ce tiers a agi en justice contre l'assuré ou a été indemnisé par lui. Les parties ne peuvent pas modifier cette durée (art. L114-3). À distinguer de la prescription de droit commun de 5 ans (N0354). 6. CE QUE LA MULTIRISQUE NE COUVRE PAS EN TRANSPORT : • Les VÉHICULES (porteurs, tracteurs, semi-remorques), même stationnés dans la cour : ils relèvent de l'assurance automobile (N0070). Si ce contrat couvre les dommages au véhicule, il inclut lui aussi la tempête (L122-7) et les catastrophes naturelles (L125-1). • Les MARCHANDISES pendant leur transport : RC du transporteur (N0066), facultés (N0067). • Les accidents du travail des salariés : régime AT/MP de la Sécurité sociale (N0233). LIENS AVEC D'AUTRES NOTIONS : Assurance RC du transporteur : voir N0066. Assurance facultés : voir N0067. Franchise et plafond : voir N0069. Assurance du véhicule : voir N0070. Déclaration d'accident à l'assureur : voir N0195. Loyer et charges immobilières : voir N0125. Frais généraux administratifs : voir N0127. Accident du travail : voir N0233. Prescription de droit commun : voir N0354. Interruption de la prescription : voir N0399. DUERP : voir N0424.
📌 Points essentiels à retenir
🧮 Exemple concret

ROUTEX (25 poids lourds, Mâcon) loue un dépôt de 1 500 m² avec bureaux et atelier. Le bail exige une attestation d'assurance des risques locatifs. ROUTEX souscrit une multirisque professionnelle pour 4 800 € par an. Elle couvre les risques locatifs, le matériel (informatique, pont élévateur, outillage) pour 180 000 €, le stock de pièces et de pneus pour 60 000 €, la RC d'exploitation et une perte d'exploitation de 6 mois. En février, une tempête (vents de 110 km/h, pas d'arrêté de catastrophe naturelle) arrache une partie du bardage. La garantie tempête joue de plein droit (L122-7), sous déduction de la franchise prévue au contrat. ROUTEX déclare le sinistre le lendemain, bien avant la fin du délai contractuel (au moins 5 jours ouvrés). Le même jour, une semi-remorque garée dans la cour est renversée par le vent. La multirisque ne joue pas : le sinistre relève du contrat automobile de la remorque, qui couvre la tempête s'il garantit les dommages au véhicule. En juin, ROUTEX installe une cuve de gazole de 10 000 litres dans le dépôt. C'est une aggravation du risque : elle doit la déclarer en recommandé dans les 15 jours.

⚠️ Pièges fréquents au concours

⚠️ Croire que la multirisque couvre tout : elle ne couvre ni les camions, même garés au dépôt (assurance auto, N0070), ni les marchandises des clients en cours de transport (RC transporteur, N0066). ⚠️ Croire que la tempête est une option : elle est incluse de plein droit dans tout contrat qui garantit l'incendie ou les dommages aux biens (L122-7). Seules ses conditions (franchise, plafond) peuvent être adaptées pour les biens professionnels. ⚠️ Catastrophe naturelle sans arrêté interministériel = pas de garantie catastrophes naturelles (L125-1). Une inondation ne suffit pas à elle seule. ⚠️ Confondre les délais : 5 jours ouvrés minimum (sinistre) · 2 jours ouvrés (vol) · 15 jours (aggravation du risque) · 2 ans (prescription). ⚠️ Prescription : 2 ans en assurance (L114-1), pas 5 ans (droit commun, N0354), ni 1 an (transport, N0075). ⚠️ Déclaration tardive : l'assureur ne peut pas refuser automatiquement ; il doit prouver un préjudice (L113-2).

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